Jeu Gabriel Dufay
Musique Johann Riche
Impressions Patrice Vatan
Photos JYL
Être fou plutôt qu'à genoux
Être fou plutôt qu’à genoux, (ou Gabriel Dufay lisant Paul Valet)
Il saute de la rue Gaston-Gallimard (Paris 7e) à la rue des Frères-Gambon (Cosne-Cours-sur-Loire 58) avec une égale aisance, Gabriel Dufay.
Après avoir donné à la revue de la NRF de mars 2026 un texte sur Jon Fosse, prix Nobel de littérature en 2023 – dont le Garage théâtre eut récemment un aperçu, il remontait hier soir sur les mêmes planches pour évoquer un auteur méconnu, Paul Valet, à l’écriture incandescente.
L’accordéoniste Johann Riche en fluidifiait la transmission.
Gabriel Dufay est de ces intercesseurs, ces passeurs qui sont à la littérature ce que la graisse est à la chaîne de vélo.
De graisse, il n’est guère question dans la poésie âpre, rude, qui cogne de ce Paul Valet, né Georges Schwartz, à Lodz en Pologne en 1905 d’un père ukrainien et d’une mère polonaise.
Pianiste, médecin des pauvres et des fous à Vitry-sur-Seine, Résistant durant la Seconde Guerre mondiale, le choc insurmontable causé par le gazage à Auschwitz de ses parents et de sa sœur le précipite droit dans la poésie, la peinture. On imagine de quoi ils seront faits.
La main invisible qui guide les passeur de littérature téléguida il y a une vingtaine d’années Gabriel Dufay chez un libraire d’ancien. Sur une table, un recueil intitulé Vertiges. C’est un mot qu’il aime, Gabriel.
Il tombe sur un poème nommé « Et je dis non » d’un écrivain « dont la découverte a changé ma vie » ainsi qu’il l’écrit dans la dédicace du livre qu’il m’a signée.
