Etre fou plutôt qu’à genou…

présentation acteurs

crédit texte et photos

Être fou plutôt qu'à genoux

ÊTRE FOU PLUTÔT QU’À GENOUX

Paul Valet – Gabriel Dufay

Accompagné par Johann Riche

« Parmi vous je marche de travers / Mais debout bien debout trop debout »1

Paul Valet

Présentation :

Depuis longtemps Gabriel Dufay, acteur, metteur en scène et grand lecteur de poésie, se passionne pour l’œuvre de Paul Valet, poète rare et précieux, résistant et témoin de son temps, dont la vie se confond de manière foudroyante avec l’histoire du vingtième siècle. Il nous amène ici à le redécouvrir ou à le découvrir.

Qui est Paul Valet ?  De qui, ou plutôt de quoi Paul Valet est-il le nom – puisque c’est un pseudonyme qu’a emprunté le docteur Georges Schwartz pour écrire ? Né en 1905 de père ukrainien et de mère polonaise, Georges Schwartz a été élevé en Russie, puis a émigré en Pologne et en France pour poursuivre des études de piano et de médecine. À l’issue de la Seconde Guerre Mondiale au cours de laquelle il s’est engagé dans la Résistance, il apprend que ses parents et sa sœur ont été gazés à Auschwitz. Il décide alors, tout en continuant d’être médecin, de s’engager dans la poésie, en se mettant à son service (de là s’explique son pseudonyme Valet). Sa poésie est ainsi née d’une nécessité à nulle autre pareille, elle est de celles qui peuvent changer la vie de ceux qui la découvrent. Son œuvre incandescente fait la part belle à la résistance et à la folie. Gabriel Dufay a écrit un livre autour de ce poète (Être fou plutôt qu’à genouxLes Belles Lettres, 2025), agrémenté de poèmes inédits.

Pour cette soirée dans le cadre du Printemps des Poètes, Gabriel Dufay se livrera, en compagnie de l’accordéoniste, Johan Riche à une lecture musicale de ces poèmes – et aussi du texte Solstices terrassés relatant un séjour qu’a fait le poète en hôpital psychiatrique. L’occasion de redonner voix et corps à un grand poète, qui éclaire profondément son temps, et par ricochet, le nôtre, avec une grande rage de vivre.

Biographies :

Paul Valet, de son vrai nom Georges Schwartz, né à Lodz, en Pologne, en 1903 et mort à Vitry-sur-Seine en 1987, poète mais aussi pianiste, peintre et médecin (il fut un des pionniers de l’homéopathie) est un de ces grands singuliers libres de toute allégeance dont le parcours et l’œuvre sont marqués par l’insoumission et la révolte contre toutes les oppressions. Grand résistant, chef de réseau les armes à la main comme Char, il voit tous les siens disparaître à Auschwitz. Il vivra après la guerre hors des cénacles littéraires, médecin des pauvres à Vitry, publiant treize recueils de son vivant, principalement chez G.L.M. et au Mercure de France, nouant des relations privilégiées avec Dubuffet, Char, Michaux ou Cioran. « Ses vers sont d’un déchaîné, ses propos d’un sage » dit de lui Cioran évoquant par ailleurs son « lyrisme frénétique ». S’il avait décidé de s’appeler Valet, c’est que cet insoumis se voulait « valet de la parole » et d’elle seule.

Gabriel Dufay est auteur, comédien et metteur en scène. Après des études littéraires et théâtrales, il crée en 2008 la Compagnie Incandescence. Il est également traducteur pour l’Arche Éditeur et pour Seghers, et adaptateur pour France Culture. Il a publié pour les Belles Lettres en 2012 un livre avec Denis Podalydès, L’acteur et le paradoxe, en 2014, Hors jeu – des masques à abattre, en 2017 un recueil d’entretiens avec Michel Bouquet, Servir – la vocation de l’acteur, et un autre recueil d’entretiens avec Jon Fosse, Écrire, c’est écouter (L’Arche Éditeur). Il a également fait paraître en 2025 un livre Paul Valet – être fou plutôt qu’à genoux (Les Belles Lettres, 2025), et une traduction d’un recueil de la poétesse Alda Merini (Confusion des étoiles, Seghers, 2025). Il a créé en 2025 Vent fort de Jon Fosse, à la Maison des Arts de Créteil (tournée au TJP – CDN de Strasbourg, au Théâtre de Chartres, au T2R à Charenton-le-Pont et au Théâtre de Bagnolet) et en septembre 2025, Étincelles d’après Jon Fosse, au Studio-Théâtre de la Comédie-Française. Dans son parcours d’auteur, il attache une grande importance à la question du langage, de l’origine de la parole, et articule sa réflexion sur l’expérience poétique et le rôle de l’écrivain face à l’histoire. En juin 2026, sortira à l’Atelier Contemporain son premier recueil de poésie : Sauver la beauté.

Accordéoniste, Johann Riche est arrivé de ses Vosges natales à Paris à l’âge de 19 ans, avec pour bagage 10 ans de bals musette avec son grand-père René Riche, son maître. Il rencontre tout d’abord Laurent Vacher, puis Michel Didym et collabore à la plupart de leurs spectacles. Depuis, il multiplie les collaborations et les tournées passant du théâtre à la radio, du studio aux scènes de festivals. En 2001, il créé Beltuner avec Pascal Muller, Arnaud Soidet et Nicolas Pautras. Ce groupe va les conduire sur de nombreuses scènes et donner toute sa dimension à son univers musical. Parmi ses principales collaborations, on peut citer : Jacques Higelin, Damien Saez, Christophe Miossec, Alice Botté, Daniel Jamet, Geoff Dugmore, Christian Olivier, Tchavolo Schmidtt, Mayo Hubert, Marie-Claude Pietragalla, Hélène Desproges, Denis Lavant, Leos Carax, Charles Berling, Laurent Vacher, Gabriel Dufay, Bérengère Bonvoisin, Norah Krief, Anouck Grinberg, Eric Lacasscade, Emmanuelle Devos, Claude Guerre, Catherine Hiegel, Bruno Putzulu, Reihnardt Wagner, Pascal Thomas, Xavier Duringer, Bérangère Bonvoisin, Daniel Mesguish, Laurent Terzieff, Christine Murillo, James Eller, Blandine Masson, Elodie Bouchez, Michel Archimbaud, Michael Lonsdale, Irène Jacob…

1 « Comme ça », Les poings sur les i, Paul Valet