Théodule

De et avec Thomas Mardell & Hans Kunze
(Compagnie « les Affranchis »)

Texte Philippe Barrailla
Photos Philippe Barrailla et JYL.

Théodule - 06-02-2026

Hans Kunze et Thomas Mardell, de la compagnie « les Affranchis », présentaient hier en sortie de résidence un bout d’essai de leur spectacle en préparation intitulé « Théodule ».
 
Dire que « la mort n’est qu’un passage » prend ici tout son sens : capable de trépas multiples et réversibles, Théodule est à la merci de Hansis, qui se définit comme un « esthète macabre », et ne se prive pas de l’occire à loisir puis de le ressusciter quand bon lui semble. Cette prérogative a priori purement divine est utilisée par lui comme une distraction ordinaire, et des tableaux d’une violence terrifiante finissent par perdre complètement leur côté dramatique, sans doute par la grâce du comique de répétition.
Transporté en sac à cadavres, dégonflé puis regonflé au compresseur, tué par balle puis ramené à la vie par deux cables branchés sur la batterie, Théodule peut dire merci à la grosse camionnette négligemment garée sur la scène. Il paraît tout de même souffrir à la longue de ces phases d’anoxie cérébrale à répétition : quand il se décide enfin à parler, il se lance dans une logorrhée incohérente que seul un énième coup de revolver parvient à stopper net.
Logiquement, le spectacle se termine dans un bain de sang (extrêmement réaliste), mais ici l’hémoglobine est joyeuse et prétexte à des roulades et dérapages festifs ; âmes sensibles, détournez tout de même le regard…
Une fois la serpillière passée, la traditionnelle auberge espagnole s’est déroulée dans la bonne humeur : personne n’est vraiment mort, tout va bien !